Les jardiniers de Brest métropole océane procèdent à des tests grandeur nature pour élire les futurs végétaux qui seront semés entre les rails. Les plantes devront faire profil bas !
En lien étroit avec les paysagistes du groupement TEO (Groupement d’architectes, de paysagistes et d’ingénieurs de la ligne), les jardiniers de l’agglomération gèrent la plateforme d’essais au Bergot. Edmond Guillou, contrôleur de travaux au sein du bureau d’études de la Direction des espaces verts de Brest métropole océane est chargé de faire le lien entre TEO et l’équipe de jardiniers.



Explications : « cette plateforme d’essais consiste en une surface surélevée présentant les mêmes caractéristiques que celle du futur tramway : une dalle de béton recouverte d’un substrat de moins de 15 cm d’épaisseur. La surface de test est divisée en une centaine de carrés d’expérimentation. Car, si une quarantaine d’espèces seront testées au total, la même plante est semée sur plusieurs substrats différents : terre seule, terre et sable, pouzzolane (sorte de pierre volcanique) seule, pouzzolane et graviers, etc. »… Voilà pour le nombre de carrés.
Conditions extrêmes
Pour ce qui est des espèces, la liste est variée. Pour la première campagne de semis, engagée au printemps 2009, les jardiniers ont semé ou planté gazons, sedums, euphorbes, arméries, acaenas, campanules, trèfles, bruyères,… Une deuxième vague de semis a eu lieu mi-novembre (notre photo). Place aux thyms, graminées, lotiers, véroniques et autres sedums. « L’expérience est intéressante à deux titres. D’un point de vue horticole, elle permet de suivre l’évolution d’une même espèce confrontée à des conditions très différentes. C’est aussi une occasion offerte aux employés du service des espaces verts de participer à la mise en œuvre du tramway ». Même si Brest bénéficie d’un climat tempéré humide, la plateforme du tramway est un milieu extrême. Les végétaux devront faire profil bas : le Tram leur passera par-dessus la tête. « La chaleur du métal des rails sous le soleil (mais oui), le souffle et les vibrations dus au passage des rames, le piétinement, constituent d’autres sources de stress. Par ailleurs, elles ne devront pas avoir trop soif. Relativement peu épais, le substrat ne lui garantit pas une grande réserve d’eau ». Et elles n’exigeront pas trop de soins pour des raisons de coût d’entretien. Espèces sophistiquées, s’abstenir. La main verte des jardiniers et des paysagistes saura, dans quelques mois, repérer les premières de la classe.



L’équipe Tram
crédits photos : Dominique Leroux